Course de raquettes du Défi Mouski 2012 - Sainte-Blandine - Samedi 14 janvier 2012
Les raquettes étaient toutes fraichement déballées du papier cadeau de Noël et déjà je pensais à ma première course!
Cela n’a pas tardé puisque samedi dernier avait lieu la première course du nouveau circuit provincial de courses en raquettes. Et pour une fois, elle avait lieu dans notre région, au centre de ski Mouski, à Rimouski (secteur Sainte-Blandine).
L’hiver laisse à désirer cette année. Il manque beaucoup de neige, les températures font le yo-yo et quand ce ne sont pas les prévisions météorologiques qui nous désolent, c’est la pluie verglaçante qui nous déprime ... Bref, on a vu mieux, mais on s’adapte.
Depuis Noël, on a tout de même trouvé l’occasion de faire quelques sorties de raquettes pour tester le matériel.
Samedi matin, nous avons donc fait le voyage avec Andrée-Anne.
Arrivés sur place, nous constatons que la course en raquettes en est à ses balbutiements! Au total, nous serons neuf participants partagés sur les deux distances : 4.4km et 8.8km.
L’organisateur nous annonce aussi qu’il ne connaît pas ça, ou plutôt qu’il ne sait pas quel genre de terrain il fallait préparer. Alors, avec son équipe de bénévoles, il a ouvert un sentier dans la montagne. Il s’agit en fait d’une boucle de 2.2km qui traverse un lac, rentre dans la forêt par une belle petite côte, se prolonge sur la crête de la montagne et redescend vers le chalet. L’idée est bonne de faire des boucles. Elle l’est moins quand il s’agit d’un tout nouveau tracé, sans fond, après une belle chute de neige!
Le départ est pour 11h15. À 10h45 nous décidons d’aller nous réchauffer. Il fait -17°C et avec le facteur vent cela annonce -21°C. Nous partons dans le sens inverse du circuit pour faire un peu de repérage. Et là, dès que nous entrons dans le sentier Daniel annonce : « Ça va prendre bien plus qu’une heure! ».
11h15, le départ est donné et nous sommes donc neuf coureurs à nous élancer sur le lac. Première surprise, le lac a eu « des fuites ». Nous devons donc piétiner une espèce de slush collante … Puis nous arrivons au pied de la première cote. C’est en haut de celle-ci que les positions se réajustent! Je laisse donc passer un grand gaillard. La suite est très, mais très difficile. Au point où toutes les pensées défaitistes me traversent l’esprit. La portion sur la crête de la montagne consiste en une série de petites cotes et de faux plats montants. La neige est fraiche, lourde. Je me dis que cette course va me prendre une éternité. J’envisage même de faire seulement deux boucles. Puis, virage à 90°C et enfin nous redescendons. Il reste à partir de ce point environ 1km pour finir la boucle. Alors que Daniel et Andrée-Anne sont partis comme des fusées, je poursuis à mon rythme avec en arrière de moi une autre coureuse. Cela me stresse de la savoir dans mon dos. Alors après avoir entamé le deuxième tour, je lui cède la place.
C’est sur ce deuxième tour que je prends mon rythme de croisière et que je me dis que finalement ce n’est pas insurmontable! Le paysage est magnifique, il fait beau et en « labourant » ce sentier, je n’ai pas froid du tout!
Sur la troisième boucle, j’aperçois encore les coureurs en avant, ça m’encourage! Ça m’encourage aussi de me dire qu’il ne me reste plus qu’un tour après celui-ci!
Finalement, je termine en 1h09, bonne dernière, mais contente du défi! J’ai conservé un rythme très régulier de 17 minutes au tour.
Andrée-Anne remporte la course en 58 minutes. Cette grande athlète avait récupéré ses nouvelles raquettes jeudi après-midi. Deux petites sorties dans le parc des Chutes à Rivière-du-Loup et hop, première victoire deux jours plus tard!
Daniel qui menait la course a encore eu ses problèmes d’étourdissement. Après avoir laissé passé Andrée-Anne il termine deuxième, mais premier chez les hommes. En plus de la médaille d'or, il gagne une inscription gratuite pour l'année prochain. Vu le faible nombre de participants, je repars avec une médaille d'argent ... ;-) Et tous les trois bénéficions de la qualification pour le championnat québécois qui aura lieu en mars prochain.
Lors de cette même journée se tenait aussi le Défi Mouski 2012 avec les épreuves de ski de fond (10, 20, 30 km en style classique). Ces épreuves de ski faisaient partie du Circuit des Maîtres de l'Asssociation des maîtres en ski de fond du Québec et nous avons eu la chance de côtoyer de grands fondeurs : Pierre Harvey, Michel Leblanc, Louise Matrineau. De grands athlètes, simples dans leur attitude, simples dans leur victoire!
Résultats sur Zone4.
Bilan 2011
Janvier, le mois des résolutions? Jamais par ici.
Par contre, un peu à la bourre, ce sera plutôt l’heure des bilans. Ne sachant trop comment revoir notre année, je choisis de refaire l’exercice de l’année dernière et de reprendre les grands thèmes.
Cette année encore, je me suis concentrée sur la course à pied. Ma participation au triathlon du Lac Beauport ne m’a pas convaincue à en essayer d’autres. J’ai compris qu’il fallait nager, nager, nager … pour réussir. Sauf que, pour moi, la natation est nécessaire à mon équilibre, je n’ai pas envie d’en faire une priorité, surtout par les belles journées de printemps.
En 2011, après le marathon de Boston, je n’ai tiré aucun autre plan. Ayant encore une fois le billet de saison pour Courir à Québec, j’ai donc investi dans mes entraînements pour ces courses. Et j’avoue que ça m’a plutôt bien réussi. J’ai amélioré tous mes temps de références.
Voici donc nos mentions spéciales.
Notre course coups de cœur
Émilie : le marathon de Boston, parce que tout a été super lors de ce voyage. Un hôtel confortable et super bien placé, une découverte de Boston à pied, un voyage semi-organisé sans tracas, des conditions de course idéales et un PB (Personnal Best, meilleur temps) qui me permettent de me retrouver encore en 2012 sur la ligne de départ, et ce pour une troisième fois! Et dire que lorsque j’ai entendu parler pour la première fois de cet évènement je le croyais inatteignable …
Daniel : le Défi des escaliers à Québec pour une deuxième fois! Nous étions inscrits sur le parcours long cette fois. On a fait un départ sur les chapeaux de roue parce qu’à force de ne pas se stresser on a failli manquer notre départ … Même si je me suis trompée et que j’ai ajouté 1 kilomètre, la découverte de Québec par ses escaliers est toujours très agréable.
Notre meilleure performance
Émilie : bon, je pourrais reparler du marathon de Boston, mais pour les besoins de l’exercice je mentionnerai les 10 kilomètres de la Descente Royale où j’ai amélioré ma marque. Un peu déçue d’être encore à 43 minutes, mais cette course m’apporte toujours un bon sentiment de vitesse!
Daniel : le demi-marathon international de Québec. Sans entraînement spécifique, j’ai réussi à maintenir une bonne allure et j’inscris même un PB.
Notre déception
Émilie : le triathlon du lac Beauport. Déçue par la natation en fait. Je croyais m’être améliorée, mais non. Même si la course s’est bien déroulée, je suis déçue de l’ensemble.
Daniel : les 10 km au marathon Rimouski parce que je n’ai pas suivi ma stratégie de départ … Je voulais courir avec le peloton de tête pour faire face au vent et puis une seconde de démotivation a tout changé …
Un mauvais souvenir
Émilie : le Pentathlon des Neiges. Pourtant l’entraînement avait été plus spécifique. Je me suis mise au pas de skate et Daniel m’avait prêté ses raquettes de course. Mais rien à faire : nulle en vélo, nulle en patin … on ne va pas très loin … Alors déçue oui, mais au moins j’ai découvert le pas de skate et cela m’a réconciliée avec le ski de fond!
Daniel : les 5 km du défi du littoral de Rimouski. Parti trop vite, une autre course mal gérée et un chrono à oublier.
Le plus beau circuit
Émilie : tiens, je mettrais bien les 10km de la course d’Oka. Une dernière course à l’automne, où il faisait -5°C au départ. Un parcours sous le givre qui dégelait au fur et à mesure que le soleil réchauffait. Un parcours diversifié, vallonné. Et puis une troisième place chez les femmes et un temps satisfaisant proche mon PB.
Daniel : le demi-marathon international de Québec. Le nouveau parcours qui part des Plaines est propice à un bon chrono. Il n’y a pas de redondance et on court une bonne partie sur la piste cyclable. En plus, en attendant le départ, on était super relax dans les gros fauteuils de l’hôtel Loews Le Concorde, beau souvenir!
Une dernière pour la fin
Émilie : et bien il y a tellement de choses que j’ai aimées cette année! Mais je dirais mes participations aux deux demi-marathons. D’abord à Québec pour le demi-marathon international puisque le parcours revisité était super et le demi-marathon de Rimouski jour de mon anniversaire où j’ai amélioré ma marque de 4 minutes!
Daniel : ma chute au départ du 5 kilomètres de la Descente Royale (maudits cônes) et tous ces coureurs à rattraper ... Malgré ça, je termine 3ème. Un podium sur le circuit de Courir à Québec, c’est l’fun!
10km Course d'Oka, samedi 5 novembre 2011
Pour avoir couru le 5km de cette course à Oka l’année dernière, Daniel m’avait avertie : ce n’était pas un parcours facile. Un départ dans le parc, sur sentier (que l’on retrouve vite asphalté), une section de route et un retour dans le parc. Des buttes, des virages, des faux plats, bref, ce n’était pas un circuit sur lequel je devais me fixer un temps, mais plutôt viser une position. Daniel s’était donné comme objectif de terminer dans les 10 premiers. Il s’agissait donc d’une course de « circonstance ».
Personnellement je trouvais la situation plutôt difficile. Je n’ai jamais visé de position. Je cours contre moi-même et mes chronos. Alors en ce samedi matin, j’avais vraiment de la difficulté à définir ce que je venais chercher ici à Oka.
Nous sommes arrivés 1h30 d’avance, mais il y avait déjà pas mal de monde. Après être allés retirer nos dossards, nous sommes partis nous réchauffer, dans le sens « ne plus avoir froid » avant de réchauffer pour la course! Il faisait -5°C et tout était gelé, mais nous avons assisté au lever du soleil sur le lac et ça c’était exceptionnel! Nous avons joggé à un bon rythme sur le chemin en arrière de la plage. C’était la première fois que je me réchauffais aussi longtemps avant un 10km et malheureusement, j’étais toujours gelée. Même si j’avais choisi de courir en long, mentalement, la décision d’enlever des couches a été très très très difficile. Daniel essayait de me convaincre que j’allais avoir chaud, que je n’allais même plus penser au froid. Il avait raison, mais maudit que c’est dur d’y croire quand les dents claquent!
8h45, nous sommes allés proche du départ pour faire encore quelques exercices d’activation. J’ai enlevé mon coupe-vent et je suis allée me positionner assez en avant. J’étais décidée à ne pas réitérer mes erreurs de position m’obligeant à faire du slalom. 8h58, l’organisateur annonce que le départ sera retardé de 5 minutes … On se rhabille et on retourne faire des exercices d’activation. À cette période de l’année, nous sommes en transition vers la course hivernale et nous ne sommes pas habitués au froid …
9h04, cette fois c’est la bonne, on se range avec les autres coureurs et le départ est donné.
La première section dans le parc est assez hasardeuse : il y a des trous dans le sentier et beaucoup de feuilles. Beaucoup sont gelées et je crains de glisser. Il faut être vigilant. Même s’il y a beaucoup de participants, là où je me trouve nous sommes assez bien clairsemés. Heureusement parce le sentier est étroit et les virages raides. Je passe le premier kilomètre en 4 minutes 08. Sans surprise, je suis partie beaucoup trop vite … Le deuxième kilomètre est long, il y a de nombreux virages et quelques buttes. Je le boucle en 4 minutes 28. Oh la la, à quoi ça va ressembler cette affaire-là … 3ème kilomètre : 4 minutes 22. La sortie du bois et le beau soleil m’ont motivée! Je me suis aussi trouvé un ami : « le coureur aux écouteurs » qui n’entend pas se laisser dépasser, et qui relance dès qu’il m’aperçoit dans son champ de vision. Sa tactique est très bonne pour moi!
On se retrouve sur la route et je ne comprends pas (parce que je n’ai pas sérieusement étudié le plan du parcours …) puisque j’aperçois des coureurs qui reviennent. « Déjà » je me dis en croyant que c’est le demi-tour du 5km. Je croise donc Daniel parmi les trois premiers meneurs. Un petit coucou pour dire que tout est sous contrôle et je retourne dans mes calculs : « On est où là? ». En fait il s’agit d’un demi-tour juste avant du 4ème kilomètre. Le genre de demi-tour qui te casse tout élan puisque tu vires autour d’un cône. C’est à ce moment-ci que je prends conscience que je suis assez bien positionnée parmi les filles. Je ne serai dire précisément, mais il n’y a pas plus de 5 concurrentes en avant.
Après le demi-tour, je repars donc de bonnes humeurs avec mon « coureur aux écouteurs » qui lâche des petits sons … (de mélodie?). Nous croisons sur quelques mètres tous les autres participants et je n’en reviens pas de tout ce monde! La stratégie d’être partie en avant était vraiment la bonne. Jusqu’au 5ème kilomètre, le rythme est soutenu : 4 minutes 08. Il me permet d’aller chercher une coureuse.
Puis arrive la longue cote du 6ème kilomètre où je ne peux m’accrocher. Je laisse partir le « coureur aux écouteurs », mais je ne le perds pas de vue. Même si je parviens à dépasser deux autres coureurs dans cette cote, j’appréhende de me faire rattraper à mon tour. Je sais que ce serait fatal pour mon moral. Alors je garde le cap et je me détends pour dérouler les jambes dans la descente. 4 minutes 09 jusqu’au 7ème kilomètre. Ça va bien. La fin est proche. On rentre à nouveau dans le parc. J’aperçois un autre coureur que je dépasse.
Puis là il y a confusion dans mon esprit. Peut-être parce que j’ai le soleil en pleine face, mais je perds le fil des kilomètres. Pourtant j’ai bien lapé mon 8ème kilomètre (4 :11/km). Mais lorsque j’aperçois une borne, je crois qu’il s’agit de la 8ème. Or, oh surprise, c’est le 9ème kilomètre (bouclé en 4 :22/km). Alors un véritable regain d’énergie me revient, j’entends les encouragements à l’arrivée et je rattrape un autre coureur !
Je donne tout ce qu’il me reste pour ne rien regretter et passe le fil d’arrivée en arrêtant mon chrono à 43 minutes et 13 secondes.
Je marche quelques pas et une dame vient me voir pour prendre mon nom. Elle l’inscrit dans un tableau en 3ème ligne. Il me faut un moment pour comprendre ma position chez les femmes!
Daniel me rejoint heureux aussi. Il a eu plus de chance avec son « ami ». Il a pu lui parler et s’entendre avec lui pour faire la course ensemble. À eux deux, ils ont réussi à rattraper le coureur qui était en avant. Même s’ils sont arrivés tous les deux en même temps, le temps puce classera Daniel en 2ème position avec 3 secondes de différence.
Nous attendons la remise des médailles un peu cafouilleuse : je me retrouve 4ème féminine à cause d’une erreur d’enregistrement. Quelques explications plus tard, le classement est rétabli et nous repartons satisfaits, médailles au cou!
Daniel : 38:09 - 2/78 hommes 40-49 ans - 2/274 hommes
Émillie : 43:13 - 1/211 femmes 30-39 ans - 3/470 femmes
Info Dimanche, dimanche 13 novembre 2011.
Gala Méritas sportif régional
Cette année, je suis en nomination au 37ème Gala Méritas sportif régional dans la catégorie athlète de niveau international. Bon, soyons clairs tout de suite, je ne me fais pas d'illusion pour le prix en tant que tel (surtout quand on voit les autres nominés ...!) mais être en nomination, c'est la pt'ite tape dans le dos comme on dit ici. La p'tite reconnaissance pour les efforts fournis à chaque entraînement.
La course à pied et l'activité physique font partie de mon équilibre, de mon quotidien. J'aime pouvoir me réaliser dans mes entraînements et me "tester" lors des compétitions. J'aime aussi analyser mes performances, remettre en question tel ou tel résultat. J'aime essayer de comprendre ce qui a fait la différence. Cette année, j'ai réussi plusieurs de mes meilleures performances, alors cette attention du milieu sportif tombe bien!
Je suis pas mal fière de représenter l'athlétisme lors de ce gala. Nous sommes d'ailleurs nombreux du club à être en nomination. Je nous souhaite bonne chance et une belle soirée!
Circuit Courir à Québec 2011
Inutile de répété ici notre engouement pour le circuit Courir à Québec, je crois que j’en fais mention à chaque compte rendu d’une de leurs courses! Bien des coureurs soulignent les frais exagérés demandés pour les inscriptions. Si nous choisissons de courir toutes les courses de ce circuit c’est que nous sommes toujours satisfaits de l’organisation et de tous les services offerts. Rien n’est laissé au hasard pour que chaque compétiteur arrive sur la ligne de départ et se rende à la ligne d’arrivée avec en tête son seul et unique objectif.
Nous savons que l’organisation d’une course n’est pas une mince affaire. Courir à Québec nous permet de « courir Québec », cette ville que nous continuons à découvrir à chaque occasion de compétition.
Cela dit, je suis portée à croire que toute cette satisfaction se lit dans le classement général du circuit. Présentés en classement général, mais aussi en classement par catégorie d’âge, nous avons eu la surprise de beaux résultats!
Daniel, termine en première position dans la catégorie Homme 40-49 ans. Alors que je termine en deuxième position dans la catégorie Femmes 30-39 ans, quand même loin de la première (mais la troisième est aussi loin ;-)).
Sauf avis contraire, de belles occasions de « courir Québec » nous attendent encore l’année prochaine !
Salut Francis
Ce regard si bleu, si persant.
Ce regard si convaincant, si déterminant, je ne l’oublierai pas.
Nous ne t’oublierons pas.
Salut Francis.
On parle de toi :
Le_Droit__Gatineau__18_octobre_2011
10km et demi-maraton de Rimouski, dimanche 2 octobre 2011
Une fin de semaine d’automne, une fin de semaine de courseS et une fin de semaine de fête!
Samedi, Cross du parc des Chutes
Tout a commencé samedi avec le cross du club Fil Oup! au parc des Chutes de Rivière-du-Loup. C’est notre rendez-vous typiquement automnal dans ce parc où nous avons l’habitude de nous entraîner. Ce samedi matin, en début du mois d’octobre, l’automne semble s’installer. Il fait frisquet, il fait gris et nous avons hâte de prendre le départ. Il n’y a pas beaucoup de coureurs comparativement aux éditions précédentes. Dimanche, c’est le marathon de Rimouski, sans doute que certains coureurs préfèrent se garder et que d’autres ne souhaitent pas se blesser dans le sentier. Daniel et moi sommes là avec plusieurs amis-coureurs qui participeront aussi à l’une ou l’autre des épreuves de Rimouski. Donc, à cette occasion nous choisissons tous de courir le 3km. Bien évidemment, nous avons comme plan de match de ne pas trop pousser pour garder les énergies au lendemain. Sauf qu’en pratique, lorsqu’on se retrouve sur la ligne de départ d’une course, il est bien difficile de freiner l’enthousiasme! Donc dès que le départ est donné, nous nous élançons tous vivement! Trois kilomètres, c’est court et intense et j’ai envie de me battre un peu et de faire rouler jambes. Il y a beaucoup de jeunes qui partent vite et que je rattrape dès que le sentier est sur le plat. J’ai de l’énergie dans les jambes et dès que je me rends compte que je « m’assoupis » je parviens à relancer. La partie roulante est bien gérée. Dès que je rentre sur le sentier plus accidenté, je ne peux m’empêcher d’être vigilante. Je lève les pieds plus haut et me fais rattraper par deux jeunes que j’avais justement dépassés. Eux ne font pas cas des racines et foncent à bride à battue! Vite, on arrive dans la dernière ligne droite. Là je vois le coach et au moment où je tourne pour rentrer il annonce « première fille »! Ah ben tiens, aller un dernier sprint au cas où quelqu’un serait derrière moi, ça serait dommage de me faire enlever cet honneur!
En 13 minutes et 45 secondes, une première place chez les filles qui me vaut quand même un bon d’achat dans une boutique de sport! Merci! Après le tirage d’un prix de présence (un buff bien apprécié : avec ce froid de canard, je le mets tout de suite sur mes oreilles!) ces premiers cadeaux sont les bienvenues! Ben, oui, demain c’est mon anniversaire!
Info Dimanche, lundi 3 octobre 2011
Dimanche, demi-marathon de Rimouski
Toute la semaine nous avons entendu parler de la popularité des inscriptions aux différentes épreuves du marathon de Rimouski. Dès le vendredi, les inscriptions aux 4,2km et au 10km étaient fermées. Cette année, point de marathon pour moi encore. Je connais le parcours. Certes il est bien beau, longeant le fleuve jusqu’au village balnéaire de Sainte-Luce, mais il est aussi très éprouvant mentalement. Donc pour la deuxième année consécutive je choisis de courir le demi. Je l’aime bien ce parcours parce que comme bon nombre de courses que j’apprécie, je suis capable de le « découper » en différentes sections. Ce n’est que depuis l’année dernière que je cours des demi-marathons et j’avoue que j’aime bien cette distance. J’ai déjà trois expériences et à chaque fois j’ai réussi à m’améliorer. Mon meilleur temps est donc celui de ce printemps, à Québec, 1h39.
Par contre, à partir du moment où j’ai décidé de m’inscrire (mi-septembre) et jusqu’à ce dimanche, je n’ai jamais réfléchi à ce que je voulais faire sur ce parcours. D’ailleurs, depuis que j’ai couru le marathon de Boston plus tôt en début d’année, je n’ai jamais eu de plan de match pour les courses qui ont suivi. J’ai pris chacune de mes participations au jour le jour. Et j’avoue que cela m’a plutôt bien réussi. Et puis, en ce jour de fête, je suis plutôt occupée à penser à la soirée d’anniversaire qui m’attend …!
Photo de groupe sur un air de fête lancé par Daniel! Photo Michel Boulet
Arrivée sur place, je me dis qu’il faut quand même envisager une ministratégie. Il vente (rien de surprenant …). Mais il vente nord-est, c’est donc un vent de face à l’aller sur la moitié du parcours. L’objectif est vite vu : tenter de partir avec une bonne allure et essayer de trouver un « pare-vent » pour se protéger. Cette stratégie ressemble à celle du 10km du marathon des Deux-Rives à Québec et elle le sera.
8h30, le départ est lancé. Je crois m’être bien placée, mais je suis encore trop en arrière. Le premier kilomètre se court donc à moitié sur l’herbe. Cette zone de départ est vraiment trop étroite. Une fois le gros des coureurs passés, je pars à la chasse au lièvre! Difficile, très difficile de trouver un meneur d’allure pour se protéger du vent. Au 3ème kilomètre, j’aperçois Danielle qui cherche elle aussi désespérément un « pare-vent ». Je la rejoins et nous essayons ensemble de trouver ce qui nous aiderait à faire cette première moitié efficacement. Jusqu’au 7ème kilomètre, je papillonnerai donc d’un coureur à l’autre. Je trouve enfin un partenaire avec qui nous avons une allure de 4’45 – 4’50/km, mais Danielle n’est plus là. Je voulais avoir une meilleure allure, mais étant donné ce vent constant de face, je préfère rester prudente. J’ai toutefois hâte de faire demi-tour à Pointe-au-Père.
Enfin, je passe le sous-marin, continue quelques mètres et bonheur lorsque je fais demi-tour : je sens tout de suite une réelle différence. Un vent de dos m’avantage beaucoup.
C’est toujours drôle de faire demi-tour et de voir les autres participants! Il y a du monde et du monde que je connais, alors, un encouragement par ci, un salut par-là, un merci à ceux qui me souhaitent bonne fête, c’est assez agréable! Puis, je rentre dans ma bulle et me concentre pour profiter pleinement du vent. Cette fois je sens que c’est moi qui mène le train. Je ne me retourne pas, mais j’entends des pas derrière moi. Je ne sais pas si c’est signe que j’ai bien géré la première moitié de ma course, mais je ne me fais pas dépasser et mieux je rattrape des coureurs. Je varie l’allure entre 4’21 et 4’30/km. Cette deuxième partie passe vite, les kilomètres défilent. C’est à ce moment que le moral est important. Je pense beaucoup. Je pense à des personnes qui me sont chères et qui vivent des moments difficiles. Je suis alors dans un positivisme qui me donne une drôle d’énergie. Je me dis que je n’ai pas le droit de fléchir.
Sur le retour, meneuse d'allure de mon meneur d'allure à l'aller! Photo Zoomphoto.ca
Alors qu’il reste deux kilomètres, une spectatrice m’encourage et me dit que je suis la 7ème femme. Or, j’ai dans mon champ de vision une coureuse. Elle est peut-être à 600m environ. Je me lance donc à sa poursuite dans le but d’être la 6ème femme! Et assez vite je la rattrape. Nous voilà sur l’interminable Promenade de la mer. Cela fait un bout que je n’ai pas regardé ma montre et à ce moment-ci, je m’en fous. Je donne tout ce qui reste et j’arrive sur le tapis final avec le chrono à 1h37. J’arrête ma montre à 1h36. Plus de 3 minutes de gagner sur mon temps de ce printemps, mais surtout plus de 7 minutes par rapport à l’année dernière sur le même parcours! Au final, je termine même 3ème femme de ma catégorie.
Daniel à l'arrivée srcutant (interrogeant?) le chrono. Photo Zoomphoto.ca
Daniel qui courait le 10km, termine 8ème et 2ème de sa catégorie en 37’58.
Info Dimanche, lundi 3 octobre 2011
Dimanche, fin de journée à l'Auberge du Mange Grenouille
Et pour marquer cette journée, nous l'avons terminée confortablement au Bic, dans la magnifique Auberge du Mange Grenouille.
Photo Auberge du Mange Grenouille
L'hiver s'annonce prometteur avec mon cadeau de Daniel :
8km au demi-marathon de St-François-de-Madawaska, NB - Dimanche 4 septembre 2011
Pour la deuxième année consécutive, la fin de semaine de la fête du Travail résonnait Nouveau-Brunswick et demi marathon de Saint-François.
L’année dernière, une semaine après le marathon des Deux-Rives qui avait été un beau fiasco et une semaine avant le XC La Vallée, je n’avais pas choisi de participer. J’avais profité de la longue fin de semaine au bord du Lac Baker pour rouler et courir à l’envie. J’avais aussi été là pour la participation de Daniel au demi et encourager les autres amis du club.
Nous avions eu une drôle d’expérience avec les gens de là-bas et cette année nous avons choisi de renouveler un petit séjour sur leurs terres.
Étant assez bien remise du Trans Vallée et du 10km des Deux-Rives, je me suis inscrite sur le 8km organisé dans le cadre du demi-marathon de Saint-François. En plus de Daniel, il y avait encore cette année, plusieurs amis du club et c’est toujours agréable de se retrouver sur une compétition.
Dimanche matin, avec un décalage horaire d’une heure, nous sommes à l’aréna de Saint-François. Même ici l’engouement pour la course à pied est encore flagrant : les inscriptions sont nombreuses et beaucoup de jeunes sont présents.
L’organisation est encore un peu amateur et c’est le maire de la municipalité qui donne le départ : « 1, 2, 3, go! ». Embêtant ce départ en groupe, puisque les coureurs du demi, du 8km et du 3km partent tous en même temps. Alors inévitablement, on se retrouve coincé entre les petits participants du 3km qui ont décollé trop vite et ceux qui dès la première côte se mettent à marcher. Mais bon, 300m plus loin, tout se place et on se trouve vite isolé …
Le parcours est assez bien vallonné. On doit parcourir 4km et revenir sur nos pas. La première partie est majoritairement montante. J’ai pris tout de suite une allure un peu au feeling, mais je me sens à l’aise. Le premier kilomètre est, sans surprise, trop vite à mon goût : 4:14/km. Mais difficile de pouvoir s’ajuster entre les différents butons et je ne cherche pas à changer quoi que ce soit. Je veux juste essayer de garder une bonne vitesse. Je m’ajuste sur le deuxième kilomètre (4:22/km) puis je deviens régulière sur les deux autres (4:32/km et 4:30/km). Lorsque nous arrivons au point de demi-tour, je vois Daniel tout seul en avant. Je suis contente de le voir et aussi fière. On se croise et on se fait un petit signe : tout semble sous contrôle! Les points de vue sur le parcours sont facilitants et je ne vois qu’une autre fille en avant de moi. Je fais demi-tour au 4ème kilomètre : ah que j’haïs ça faire un demi-tour, ça te coupe tout élan!
C’est à mon tour de voir qui se trouve derrière moi. Je reconnais une participante et je sais qu’elle fait le demi. Ensuite, je croise des amis du club. C’est quand même le fun parce qu’on se salue et s’encourage. Et de mon côté ça me donne plein d’énergie. Je suis sur mon retour encore prête à donner tout ce que j’ai. S’enchaîne une allure de 3:59/km dans le 5ème kilomètre. La preuve que je profite des petites descentes pour relancer. Je ne lâche pas et poursuis à un bon rythme : 4:21, 4:16 et finis le dernier kilomètre en 4:11. Pour au final, une allure moyenne de 4:15/km. Ouf, c’est bien la première fois que je maintiens une telle allure.
Alors que Daniel termine aisément la course en première position, je passe l’arrivée en 5ème place et 2ème chez les femmes.
Un léger cafouillage de l’organisation et Daniel ne se verra pas offert la première place sur le podium … On s’explique, on corrige et on finit par repartir avec notre prix de participation et nos médailles!
Une partie de l'équipe! (Photo Michel Boulet)
On en parle :
Info Dimanche, mercredi 7 septembre 2011
10km du marathon des Deux Rives, Québec - Dimanche 28 août 2011
Lorsque j’avais décidé de participer au Trans Vallée, j’avais aussi choisi de ne pas courir le marathon à Québec comme je l’avais prévu au début d’année. Il n’y avait rien de raisonnable dans cette participation à l’évènement qui avait lieu 7 jours après la grosse fin de semaine de trail. Mais j’avais en tête de me présenter au départ du demi. Cette envie, je l’ai eue jusqu'à vendredi soir. Tout le début de semaine, je ne ressentais pas la fatigue du Trans Vallée. J’ai recommencé à courir le mardi suivant dans le bois avec Daniel et j’ai fait un bon entraînement mercredi midi. Les jambes répondaient et les quelques douleurs dans les quadriceps s’étaient estompées.
Course des étoiles
Vendredi soir, nous sommes allés participer à la Course des étoiles, un évènement ajouté dans le cadre des festivités du 375ème anniversaire de la ville de Lévis et organisé en partenariat avec le Marathon des Deux Rives. Nous y avons retrouvé Caroline. Cet évènement était présenté comme un « fun run ». Nous avions des dossards, mais aucun temps n’était enregistré. Nous avons donc pris cette course comme un ultime entraînement. Il s’agissait de faire 4 boucles de 2.2km environ. Nous sommes partis tous les trois, Daniel, Caroline et moi, mais dans le flot des coureurs, très vite nous avons perdu Daniel. Nous avions établi un petit plan de match : courir le premier tour mollo, accélérer le deuxième jusqu’à l’allure de notre course de dimanche, puis revenir mollo et finir le dernier tour au feeling. La soirée était belle, chaude et lumineuse avec toutes les casquettes des coureurs illuminées (pour l’occasion, l’organisation en remettait une à chacun des coureurs). Caroline et moi avons suivi le plan de match et j’ai fait le dernier tour en accélération. Ce fut un entraînement très agréable de près de 8km, en 40 minutes, couru dans la bonne humeur!
Changement d’épreuve
Évidemment, en courant à 20h00 et en profitant d’une belle soirée, nous ne nous sommes pas couchés de bonne heure … Et dès le samedi matin, je me suis sentie très fatiguée. Toute la journée j’ai eu envie de dormir. Cette fatigue générale, que je n’avais pas eue en début de semaine, me retombait dessus. Alors lorsque nous sommes allés retirer nos dossards et que je suis allée changer ma course, je n’ai pas hésité pour choisir le 10km. Même si cette distance est ma bête noire, je me sentais plus confiante d’avoir des jambes pour pousser que des jambes pour résister aux 21 kilomètres.
Et puis, toute la journée nous avons entendu parler des prévisions météo, de l’ouragan Irène, des conséquences sur la province et des possibles retombées sur la ville. En soirée, nous avons ainsi appris que l’épreuve du marathon était annulée et que les coureurs étaient invités à participer au demi-marathon. Ouf, même le parcours du demi n’est pas des plus évident, puisque les 2/3 se courent vers l’est et donc face au vent.
10km du Marathon des Deux Rives
Au petit matin, j’ai commencé à être soucieuse de la course. Même si nous sommes habitués au vent par chez nous, j’ai vraiment de la misère à courir avec lui… Et ce matin, il était de face tout le long des 10 kilomètres. Daniel me répétait que ce n’était pas une journée de performance. Petit à petit, je me suis donc résignée et j’ai essayé de m’enlever toute pression inutile. J’ai aussi décidé de courir aux sensations, vent ou pas vent, d’apprécier d’être là et de courir comme j’avais envie.
Le départ a été donné à 8h30. Je croyais m’être bien placée dans la foule, mais il a été très difficile de sortir du flot des coureurs. Personne ne semblait à sa place. J’ai dû courir sur le bord pour sortir de la masse. J’y ai vu les lapins des 1h05, 1h00 et 0h50 que je me suis empressée de dépasser. Et voilà l’orgueil revenu au galop …! Le premier kilomètre a été pénible, mais est passé vite. Il est resté beaucoup de monde autour de moi jusqu’au 4ème kilomètre. C’était assez stimulant parce que j’avais en tête de me protéger derrière un grand coureur! Mais je n’ai jamais réussi à en trouver un de mon allure. J’ai donc couru en butinant par-ci, par-là... Et de cette façon, j’ai eu une attitude très différente en courant avec le regard toujours en avant. D’habitude, je scrute plus le sol, penchée et concentrée sur ma vision d’un pied en avant. Aussi, dès que je voyais le marqueur d’un kilomètre, je me concentrais pour l’atteindre rapidement. Bon an mal an, j’ai conservé un bon rythme oscillant entre 4:30 et 4:34/km. J’étais vraiment surprise de ma vitesse et de mon état! Les jambes roulaient, je n’avais aucune tension et je me sentais en forme pour attaquer. En vérité, j’ai trouvé que les kilomètres passaient vite et j’avais les mêmes sensations qu’à la Descente Royale! Étrange sur un parcours jonché de faux plats avec un vent de face! La plus longue partie a été entre le 5ème kilomètre et le 6ème, et la fatigue s’est fait ressentir dans le dernier faux plat après avoir passé le 8ème kilomètre. Je n’ai jamais ressenti la sensation de « casser » comme à mon habitude. Sur la fin, j’ai déroulé les jambes et tenté d’accélérer sur le dernier kilomètre. Les encouragements étaient les bienvenues et j’ai pu me concentrer sur ma foulée pour atteindre l’arche d’arrivée. Le chrono indiquait 46:50, sans compter le fait que j’étais partie en arrière. Rapide calcul et j’ai espéré être dans les 45:45.
Très vite, Daniel et moi nous sommes retrouvés dans le sas d’arrivée. Nous avons pu nous faire prendre en photo!
De retour à la maison, je consulte les résultats et suis heureuse d’apprendre mon temps : 45:43 et ma position 4ème/520 filles de ma catégorie d’âge et 20ème/1553 chez les coureuses (113/2580 participants). J’ai aussi passé le 5ème kilomètre en 23:36 : hé hé, premier negative split à vie! Mais bon, je mets plus ça sur le compte de mon positionnement au départ et mon taponnage pour sortir de la foule.
Daniel aussi réussit toute une performance, lui qui n’avait pas fait d’entraînement spécifique, qui se demandait ce qu’il allait faire à Québec étant donné la fasciite plantaire qui le tenaille depuis le mois de mai. Ces résultats : 21ème position en 39:04. Lui aussi 4ème sur les 273 hommes de sa catégorie d’âge et 18ème sur les 1026 coureurs.
Trans Vallée, Saint-Raymond-de-Portneuf, 19,20 et 21 août 2011
Ce défi-là je l’avais en tête depuis un bon bout de temps déjà : courir en nature, en autonomie et sur plusieurs jours. Enchaîner les épreuves, savoir les gérer pour se rendre à l’arrivée, terminer les étapes et se dire que le lendemain on recommence jusqu’au franchissement final. Voilà ce que je voulais accomplir. Et grâce à Vert le Raid et Jean, j’ai pu vivre cette formidable expérience.
Tout ça a débuté l’année dernière, lorsque j’avais participé au XC La Vallée : 10km de nuit samedi soir et 21km dimanche, dans les beaux sentiers « single track » de la Vallée du Bras du Nord. Un combiné intéressant et très relevé avec du gros calibre dans les participants. Je me suis bien demandé ce que je faisais là avec ces trailleurs aguerris, mais je voulais moi aussi m’amuser dans la montagne. J’avais une sorte de ras-le-bol des courses sur route.
La décision
Cette année le « ras-le-bol » a surgi plus tôt dans l’été …! Et en juin, lorsque j’ai vu que Jean proposait le Trans Vallée, cet évènement sur trois jours avec en plus du combiné XC La Vallée, une épreuve de 35km, j’ai tout de suite su que je voulais y être. Là, ça devenait intéressant : vendredi soir, « L'incontournable et unique 10 km de nuit! Parcours spécialement balisé pour la nuit. Boucle de 3.3 KM sillonnant les chemins et sentiers à travers la forêt d'érable de l'accueil Cantin. Une pure merveille! » samedi, 35km « Du bas fond de l'accueil Perthuis jusqu'à l'accueil Cantin. Un parcours relativement technique, doté d'un dénivelé positif impressionnant et de paysages dignes de l'arrière-pays québécois. » dimanche, 21km « Le cœur de la Vallée Bras du Nord, considéré comme l’un des parcours les plus techniques au Canada. Les transits entre crêtes et vallées sont jonchés de points de vue magnifiques; racines, roches, boue, ruisseaux, dominés par la chute Delaney qui règne sur le parcours. »
J’ai quand même longtemps hésité avant de m’inscrire. Je savais que c’était pas mal exigeant, la Vallée du Bras du Nord est réputée pour ses beaux dénivelés. Mais ce qui m’intimidait le plus était de me retrouver parmi des coureurs habitués, entraînés et préparés pour ce genre d’évènement. Finalement, c’est mon amoureux qui m’a poussée, qui m’a convaincue et je me suis inscrite. Ouf, une fois la décision prise, je me suis sentie prête à relever le défi !
Les vacances à Saint-Nizier
Les vacances en France ont été une belle occasion de faire du dénivelé. Et cette année encore j’ai profité de tous les sentiers de Saint-Nizier. Les quadriceps ont un peu rouspété les premiers jours et puis très vite l’habitude a été prise. Avec Daniel nous avons fait de bonnes sorties, plus ou moins longues et toujours dans l’esprit vacances. Ç’a été super agréable. J’ai pris beaucoup d’assurance à courir dans mes montagnes et la confiance s’est petit à petit installée.
Vendredi 19 août
Ce qui me plait aussi dans les courses à étapes, c’est toute la logistique qui entoure l’évènement. À ce niveau je me suis beaucoup laissée influencée par Kecily, une coureuse aux palmarès impressionnants. À travers son blogue, elle donne beaucoup de conseils pour les courses à étapes. La semaine avant je me suis donc préparée mentalement à gérer ces trois jours de course. Prévoir les dîners, les collations, le linge, les chaussures, envisager différents scénarios : vendredi, j’étais prête.
Nous sommes arrivés de bonne heure au Lac Sergent. Nous avons logé là avec les autres participants, dans un ancien pensionnat. Jean est arrivé pour nous accueillir et durant une réunion informelle, nous a donné nos dossards.
Le départ du 10km de nuit a été repoussé à 20h30 (au lieu de 20h00). Ça m’a un peu embêtée. Je savais que cette première étape me prendrait plus d’une heure et je ne voulais pas me coucher tard!
Daniel m’a accompagnée à l’accueil Cantin de Saint-Raymond où avait lieu le départ. Sa présence m’a fait du bien, et ce, tout au long de la fin de semaine. La réunion pré-course a été très rapide et à 20h20 nous étions prêts pour le départ. Il y avait une belle énergie dans le groupe, une belle ambiance. Parmi les 30 coureurs, nous étions seulement 4 femmes. Je ne pensais nullement à la compétition, ma seule hantise était d’arriver dernière et que tout le monde attende après moi …
Départ du 10km vendredi soir (Photo Vert le raid)
Le départ a été donné et je suis partie assez stressée. Lorsque le gros des coureurs s’est retrouvé devant moi, je me suis concentrée sur ma course. Je connaissais le parcours et cela m’a beaucoup aidée. Je ne savais vraiment pas où j’étais positionnée par rapport aux autres filles, mais j’avais l’intuition qu’il y en avait une derrière moi. J’ai bien couru et je me suis surtout amusée dans le bois. Courir la nuit donne de bonnes impressions. On croit aller vite parce qu’on n’a aucun repère, seulement ses sensations, et si elles sont bonnes, on croit voler! Lorsque je suis arrivée, Daniel était là. Surpris, il m’a annoncé que j’étais la deuxième fille! Premier soulagement : je n’étais pas la dernière du groupe! Jean aussi est venu me féliciter. J’étais contente, cela augurait bien pour la suite puisque je ne sentais pas avoir forcé. Nous sommes rentrés rapidement pour que j’aie le temps de mettre les jambes en viparita karani. Il fallait les préparer pour la suite!
Samedi 20 août
Ouf, c’est la sonnerie de ma montre qui m’a réveillée! J’ai déjeuné de bonne heure puis je me suis recouchée pour relaxer. Le ciel était bleu, l’air bon : une belle journée s’annonçait.
Nous avions rendez-vous à 9h00 pour le départ de la navette. Elle devait nous porter au départ du sentier du 35km. La présence de Daniel dans l’autobus m’a encore grandement rassurée. Marie-Josée Dufour, la leader chez les femmes, a décrit le parcours brièvement. Comme elle l’avait tracée la semaine d’avant avec Jean, elle avait beaucoup de mise en garde à donner. Ce n’était pas des conditions faciles, la pluie et les orages ayant beaucoup abimé les sentiers, il fallait être très prudent. Tous les deux ont beaucoup insisté sur les 10 derniers kilomètres, très exigeants. Il m’était difficile de me représenter la course à ce niveau … mais j’ai pris bonne note des commentaires.
Nous sommes partis à 10h00. Très vite le flot des coureurs s’est étendu. Comme nous courrions dans une « single track », il fallait être compréhensif et coopérant. Je suis partie assez vite et je me suis retrouvée avec un coureur aux trousses. Je lui ai souvent répété de m’avertir lorsqu’il voulait me dépasser, mais lui me répondait que mon rythme lui convenait. Sur les 10 premiers kilomètres, j’ai couru à un bon rythme à chaque fois que le parcours me le permettait. C’était exigeant parce que boiteux, mais mon suiveur me motivait! Je savais aussi que j’étais la deuxième fille et ça aussi c’était stimulant! Hein? J’avais dit que je ne faisais pas ça pour la compétition, mais pour mon propre défi? Hum hum …
Tout n’allait pas trop mal jusqu’au moment où je demande à mon suiveur s’il a un objectif de temps.
« Non, et toi? »
« Peut-être 5h00-5h30. Mais avant tout finir cette étape et pouvoir repartir demain! »
« Ah, moi je fais juste le 35km »
Bang, premier coup. Aïe, aïe, je suis en train de donner l’allure à un gars qui fait « seulement » le 35km et moi, après mon 10km d’hier, je vais m’enligner sur un 21km demain. Bon, ben il est pas mal tard pour rectifier le tir. Ce qu’il y a de positif c’est que nous nous sommes rendus au premier ravitaillement et pour le moment tout est sous contrôle.
À ce premier ravitaillement où nous avons retrouvé d’autres coureurs, j’ai pris le temps de remplir mon sac d’hydratation et j’ai dégluti une minibarre tendre : j’avais faim. J’avais couru les premiers 12km et je n’avais pas pris le temps de manger. J’ai vu mon suiveur partir. Au début, comme je n’étais pas prête, j’ai cru qu’il était allé aux toilettes. Mais non, il a pris la poudre d’escampette, sans bonjour, sans merci, sans bonne chance. Là, j’ai eu mon deuxième Bang!
Je suis donc repartie seule, mais toujours motivée. Les kilomètres passaient lentement et le parcours était déjà moins évident. Et puis, est arrivée derrière moi, Marline, une des filles qui faisait le 35km. Je l’ai laissée passer et j’ai bien constaté que ses enjambées étaient plus efficaces que les miennes … Sincèrement, j’ai été surprise de me faire rattraper à ce niveau. Je croyais avoir creusé un écart sur les 12 premiers kilomètres. Je continuais mon bonhomme de chemin lorsque Louise est elle aussi apparue dans mon dos. Cout’donc, c’est quoi là? J’ai autant ralenti? De voir Louise me dépasser m’a foutu un méchant coup au moral. Je venais de me faire dépasser en moins de 15 minutes par deux concurrentes et je venais aussi de me faire voler la deuxième place. Je sais, je sais, je ne faisais pas cette course pour le podium, mais là, si j’avais des chances pourquoi pas s’en donner la peine? Le mental en a pris un sacré coup. D’autant plus que je ne voyais pas le deuxième ravitaillement arriver. J’ai mélangé toute sorte de minidéfi pour me changer les idées : « Bon dans 15 minutes je prends une bouchée », « Au prochain kilomètre, une autre », etc.
Quelque part perdue vers le 30ème kilomètre (Photo Vert le raid)
ENFIN, je suis arrivée au deuxième ravitaillement et j’y ai retrouvé un coureur rencontré au premier ravitaillement. Je me suis donc dit que je n’avais peut-être pas tant perdu que ça. Il y avait aussi un autre coureur, assis, le regard dans le vide. Je lui ai demandé si ça allait : « Fatigué ». Oups, il n’a même pas pris la peine de faire une phrase … Le moral n’était pas fort. Je l’ai encouragé, j’ai rempli mon sac d’hydratation et je suis repartie. Le mental allait mieux. D’avoir vu des coureurs m’avait fait du bien. Après le mental au négatif entre le premier et le deuxième ravitaillement, j’ai eu une meilleure attitude entre le deuxième et le troisième ravitaillement. Jusqu’à celui-ci, nous avons eu droit à un beau chemin de terre, sur un faux plat légèrement descendant de 3km environ. Un cadeau du ciel! J’y ai rattrapé deux coureurs qui marchaient. Je courais et les kilomètres défilaient. Jusqu’à ce que j’aperçoive Jean en pick-up! J’étais contente de le voir là, je me suis dit qu’il donnerait des nouvelles à Daniel et ça m’a moi-même rassuré! Et une bonne nouvelle n’arrivant jamais seule, le troisième ravitaillement était juste derrière le virage! Cette fois il y avait des bénévoles. Il restait 10km et c’était agréable de parler. J’avais 4h30 de course dans les pattes. Alors ces 10 derniers kilomètres m’ont beaucoup encouragée. Sauf que j’avais oublié les recommandations de Jean et de Marie-Josée … Finalement, ils ont été interminables … J’ai mis plus de 2 heures à parcourir cette distance. Le dénivelé était vraiment impressionnant et je n’ai quasiment pas couru sur cette dernière partie très technique. Lorsque je suis arrivée sur le parcours du 10km de la veille (fin du 35km), il me restait 1,5km avant l’arrivée. J’ai apprécié cette finale puisque le sentier était roulant. C’était aussi drôle de voir par où on avait couru de nuit! J’ai retrouvé ma bonne humeur. J’arrivais et j’étais heureuse du travail accompli.
Quelle ne fut pas ma surprise de voir Daniel, en bas du dernier champ à traverser avant l’arrivée. L’émotion a été forte, j’étais contente de le retrouver, mais aussi déçue d’arriver aussi tard! La deuxième étape était complétée, en 6h49. Et je me trouvais 3ème chez les femmes.
Dimanche 21 août
Après une soirée à me masser et une bonne nuit de sommeil, dimanche matin, je me sentais prête pour la dernière étape. Même la pluie et les grosses averses ne m’ont pas impressionnée : je voulais finir ce Trans Vallée et je voulais même caresser l’espoir de faire un podium! Je suis donc partie avec ses deux objectifs en tête et ils ne m’ont jamais quittée. J’avais bien compris que si la course avait été dure mentalement la veille c’était surtout dû au fait que j’avais couru plus des 2/3 seule. Je me suis donc retrouvée dès le début dans un groupe de coureurs et j’ai décidé que cette étape se ferait socialement! Et bien, sage décision! Dominic, notre leader, a donné le rythme. Il y avait Mélanie, la quatrième fille et différents autres coureurs qui au fur et à mesure ont quitté le train, soit pour aller de l’avant, soit parce que le rythme était trop soutenu. Bon an mal an, les kilomètres ont défilé à une vitesse éclair! Même si j’avais de la misère à suivre le groupe dans les montées ou dans la bouette (j’ai fait un peu ma princesse…), je réussissais toujours à les rattraper sur les sections roulantes. J’avais de l’énergie dans les jambes, même après mes 35km de la veille! Dominic, Mélanie et moi sommes toujours restés ensemble jusqu’au dernier ravitaillement. Ensuite, il restait 4km de descentes jusqu’à l’arrivée. Dominic est parti en avant, mais Mélanie et moi sommes restées ensemble. La pluie a commencé à être de plus en plus en forte, mais nous n’en faisions même pas cas! Nous étions trop contentes de tout ce que nous avions accompli! Nous sentions la fin et il était clair que nous allions terminer cette aventure ensemble! Et c’est ce que nous avons fait en passant le fil d’arrivée!
Finalement, pour cette 1ère édition du Trans Vallée, je finis sur la troisième marche du podium, au côté des meilleurs trailleurs du Québec.
Podium femmes : Louise Charcuite (2ème), Marie-Josée-Dufour (1ère) (Photo Vert le raid)
L'ensemble des participants du Trans Vallée 2011 (Photo Vert le raid)
On en parle :
Infodimanche, mardi 23 août 2011
Infodimanche, mardi 23 août 2011
















