18 juin 2009
Grand Raid, parc des Grands Jardins, Charlevoix - Samedi 13 juin
Initialement, je ne devais pas accompagner Daniel à cette première édition du Grand Raid, organisé par nos amis de Vert le Raid. Il était inscrit avec Derek et pour une fois je ne voulais pas me porter bénévole pour ne pas à avoir à rester postée 12 heures de temps à la même place à attendre patiemment les équipes et à me faire dévorer par les mouches noires.
En même temps, je trouvais bien dommage de ne pouvoir profiter de l’occasion pour visiter le territoire du Parc National des Grands Jardins. Mais mon choix était fait et je laissais Daniel préparer sa compétition de 12h00.
Et puis, deux jours avant l’évènement, Jean, l’organisateur m’appelle pour me proposer de fermer le parcours. Son ton insistant m’a finalement convaincue et deux minutes après avoir dit oui, j’annonçais à Daniel que j’étais du voyage.
Nous voilà donc, vendredi après-midi, dans le traversier de Rivière-du-Loup/Saint-Siméon, une petite croisière qui nous fait gagner du précieux temps pour nous rendre à Saint-Urbain dans Charlevoix.
Sur place, les ambitions changent et Daniel et Derek décident de participer au Petit Raid qui promet tout de même 4 à 6 heures de course.
La nuit est courte, le réveil brutal : 2h40. Le départ est annoncé pour 4h00, mais un autobus doit nous prendre à 3h15 pour nous porter à 37 km de Saint-Urbain. Le ton est donné : le départ est en plein milieu du Parc.
L’accueil du responsable du Parc et ses directives de prévention sont faits, les dernières recommandations de Jean sont annoncées et le départ est lancé à 4h00 en vélo.
C’est l’aurore et c’est très beau de voir toutes les petites lampes frontales.
La première section est identique au Petit Raid et au Grand Raid, je me rends donc directement avec Guylaine, Jean et les autres bénévoles vers la section de canot. La plus belle section du Raid, tant par le moment de la journée (5h00-6h00 du matin) que par l’environnement. Tous les concurrents adorent leur expérience plutôt mystique : ils partent à l’aveugle sur le lac, s’enfonçant dans la brume … Mais heureusement, reviennent tous sains et saufs. Guylaine y fait d’ailleurs de magnifiques photos. C’est après cette section que je commence à me préparer et à 7h30, je pars avec Jean lorsque la dernière équipe s’est en allée.
Comme on se le répète, nous avons vraiment l’impression d’être sur une autre planète : des montagnes à perte de vue, une végétation unique et un sentiment d’isolement total. Je profite beaucoup de cette section de vélo ou pour une fois je ne suis pas obligée de compétitionner.
Toutefois, le plus dure est à venir. La section de vélo se poursuit même le chemin s’arrête … Il faut s’enfoncer dans la forêt tantôt d’épinettes, tantôt d’ormes, tantôt d’un méchant mélange de broussaille pour relayer les différents points de contrôle. C’est difficile, pendant plus d’une heure je ne remonterai pas sur mon vélo … le tirant, le portant, etc. C’est d’ailleurs à cet endroit que plusieurs équipes se perdront. Arrivés à la transition, Jean devra d’ailleurs faire demi-tour, radio en main pour les aider.
Le repos à la transition est court que déjà je repars avec Jean encore en section trekking. Là il me prévient d’avance que se sera difficile … Et en effet, même si nous pouvons nous réjouir de n’avoir plus nos vélos, la section est vraiment dure. Nous traversons encore différentes végétations plus fournies les unes que les autres. Mais je pratique mon orientation avec Jean et je m’en sors plutôt bien. Nous retrouvons la dernière équipe de filles. Pendant quelques heures, nous restons en arrière et validons leur choix. Mais après 5 heures de marche, la fatigue se fait ressentir. Nous ne voyons plus la fin. Même le dernier sentier qui nous confirme que nous sommes dans la bonne direction n’en finit plus de finir …! Mais ce qui est agréable c’est la bonne humeur qui reste présente. Les filles (équipe Roses des Vents) sont encore motivées et elles savent qu’une section de corde les attend, elles veulent y arriver. La dernière côte qui conduit à la transition d’escalade est terrible, mais Les Roses des Vents s’accrochent. Je les laisse poursuivre vers l’escalade et je me rends vers la dernière transition pour récupérer mon vélo. La dernière section est pratiquement toute en descente puisque nous sommes 18km plus haut dans les montagnes du Parc par rapport au village.
J’arrive enfin, près de 13h00 de « course » plus tard. Je n’ai peut-être pas fait la compétition, mais j’ai suivi tout le parcours, je suis donc moins « brûlée » que les participants, mais toute aussi satisfaite!
Daniel et Derek finissent premiers du Petit Raid qui s’est finalement complété en 11h30 … loin des 4 à 6h initialement annoncés!