DSCN3547À deux semaines du marathon de Boston, c’était peut-être un peu risqué d’enligner le demi-marathon international de Québec. Daniel me conseillait même de courir le 10km. Mais cette année, Courir à Québec avait choisi de modifier le parcours du 21,1 km. En délaissant les boucles sur le boulevardSainte-Anne et en offrant un départ des Plaines d’Abraham, l’organisation a réussi un beau pari. Parce que partir des Plaines et rejoindre le domaine Maizerets, c’est s’offrir une autre petite visite de Québec, complémentaire aux deux autres courses tout aussi contemplatives : le Défi des escaliers et le marathon des Deux Rives. Alors mon choix n’était même pas négociable! Mais comme j’avais réalisé le même enchainement (marathon, demi-marathon) l’année dernière et que j’avais rencontré quelques difficultés, je m’étais faite à l’idée de subir quelques répercussions du marathon.

En ce beau dimanche matin que nous avons eu le temps de voir s’éveiller puisque le départ de la maison s’est fait à 4h15 … nous retrouvons à Québec des visages connus (organisateurs, bénévoles, coureurs), mais surtout une organisation irréprochable bien rodée.

Après notre retrait des dossards, le bref voyage en autobus pour rejoindre la ligne de départ est l’occasion de se faire une idée du parcours. Après une petite période de relaxation à l’hôtel Loews Le Concorde, nous faisons un court réchauffement avec Nathalie retrouvée par hasard. Dépôt des sacs et il est temps de se placer dans la foule pour le départ.
Nous n’entendons aucun signal de départ, mais le monde commence à marcher. Voilà l’arche de départ, le tapis et j’enclenche le chrono. Petite erreur : je me suis mise trop en arrière, il y a vraiment beaucoup de monde et il faut slalomer dure! En contrepartie, j’ai droit à un beau paysage de course, puisque comme le départ est en descendant, je peux voir le flot de coureurs, et ça, c’est toujours une belle image!

Malgré mes slaloms, le départ est rapide. On descend, on descend. Passage autour de la Fontaine de Tourny, on s’engage ensuite sur l'autoroute Dufferin-Montmorency fermé pour l’occasion. La marée de coureurs sur cette autoroute qui surplombe la ville est encore un beau spectacle! Je consulte ma montre et je constate que je suis en dessous de mon pace. C’est normal, toute cette cote descendante aide, et même si je me sens bien, j’ai quelques doutes sur la suite des choses.
Le paysage est toujours agréable puisque nous longeons le fleuve Saint-Laurent jusqu’à la sortie au niveau du boulevard des Chutes. Alors qu’à droite nous pouvons admirer le fleuve et les oiseaux migrateurs, à droite, sur la piste cyclable, nous apercevons les premiers coureurs du 10km. C’est un bon coup des organisateurs!
La première petite difficulté arrivera au 6e kilomètre où il faut quitter l’autoroute et monter sur le viaduc pour le traverser. Mais la cote est courte, douce et passe bien. J’ai toujours un bon rythme, en dessous de mon pace visé. Bizarrement, même le vent de face ne me gêne pas cette fois.
Nous voilà sur le boulevard Sainte-Anne. Nous reprenons le même parcours que l’année dernière. Je retrouve au 8e kilomètre mes collègues de course de Rivière-du-Loup. On parle un peu, puis comme la forme va toujours bien, je les laisse à leur rythme et continue, toujours confortable dans le mien. Depuis le départ je rattrape des coureurs. C’est vrai, je me suis peut-être placée trop loin en arrière, mais à mi-parcours c’est toujours encouragent de rattraper du monde. C’est fou comme les kilomètres passent vite quand on est en bonne condition! Et comme j’ai encore en tête l’expérience des miles de Boston, les panneaux au kilomètre arrivent plus vites!
Au virage du 11e kilomètre, je me répète la même rengaine de course, quelle que soit la distance : c’est là que ça commence. Je me concentre et je décide de prendre au sérieux cette course. Alors je commence à construire des scénarios de temps (ça m’occupe!). Le vent est maintenant légèrement de dos et j’ai vite chaud. La fatigue commence à se voir sur les coureurs que je rattrape. Mais les kilomètres continuent à défiler rapidement. Je les prends un à un, jusqu’au 18e. Au ravitaillement, l’encouragement de Jean-Charles est le bienvenu!
Même si je remonte des coureurs, il ne faut pas se leurrer : je me fais aussi rattraper! Entre autres par un couple dont le coureur annonce qu’à ce rythme ils sont à 1h38. Ça me surprend. Je n’étais pas rendue là dans mes scénarios! Alors même s’ils continuent leur bonhomme de chemin, je reste concentrée en me donnant l’objectif d’arriver sous les 1h40. Ambitieux puisqu’il reste quand même deux kilomètres et que ce ne sont pas les plus faciles : une épingle à cheveux, une petite cote, des virages et une interminable ligne droite avant l’entrée au domaine Maizerets. Mais j’essaie de donner encore plus, de lever les jambes jusqu’au dernier virage de l’entrée. L’arche est « loin » (300m, oui c’est loin rendue là!), les encouragements du public sont très stimulants, mais je vois le chrono à 1h40.
Soulagée, je suis heureuse de battre mon temps de plus de 3 minutes, ce que je ne prévoyais pas au départ!

Retrouver Daniel dans la foule sera un sacré défi, mais une fois ensemble il m’annonce son record : 1h23! Et surtout sa position : 7e de sa catégorie sur 244 coureurs! Son objectif était de garder un rythme de 4 minutes du kilomètre. Il a fait mieux que ça puisqu’il a tenu sans réelle difficulté (de ses dires!) 3 minutes 58 au kilomètre. Son désir de finir un demi-marathon en mois d’1h24 s’est donc concrétisé!

Passer tous les deux sous nos barres symboliques (4:00/km pour lui et 4:50/km pour moi) est le principal succès de cette course!

Résultats aux positions très très similaires!!!

Daniel : 1:23:25 (3:58/km)
7/244 Hommes 40-49
29/838 coureurs

Émilie : 1:40:07 (4:47/km)
8/117 Femmes 30-39
28/354 coureuses