Boston_2013Daniel et moi étions au marathon de Boston, pour la quatrième année consécutive.

Depuis lundi, depuis la tragédie, j’ai suivi les actualités, j’ai vu des images inexplicables, j’ai lu des récits, écouté des témoignages, et depuis lundi je suis toujours dans l’incompréhension. Un drame est venu ébranler notre monde et particulièrement la communauté des coureurs.

Différents sentiments se sont bousculés : l’effroi, l’incompréhension, la colère et puis surtout la tristesse. Mais comme beaucoup, je crois qu’il est primordial de ne pas se laisser envahir par la peur.

Je me suis longuement questionnée à savoir si j’avais le droit de faire le récit de ma course.

Et puis comme j’ai pu le lire, la plus grande menace d’un tel acte est d’empêcher d’être libre. Se taire et se cacher, c’est donner raison à un geste aussi ignoble que de vouloir le mal.

Mercredi j’avais hâte de retrouver notre communauté de coureurs. J’avais hâte de retrouver et de ressentir ce sentiment d’appartenance. L’accueil a été tel que j’ai réalisé qu’il fallait continuer, que malgré ce drame qui nous a touché, nous devons continuer à vivre notre passion et que le meilleur hommage que nous pouvons faire aux victimes est de courir.

Dimanche, nous nous retrouverons tous pour prendre part à l’une des nombreuses courses commémoratives. Ce sera une course symbolique mais surtout très émotive.

Et puis je ferai mon récit du marathon, parce que j'ai compris qu'il fallait continuer à vivre, quels que soient les obstacles.